Anef Imime

Chanson · piste 1

Anef Imime

par Takfarinas · album Quartier Tixeraine (2001)

Paroles de Anef Imime

Français

Refrain : Laisse dormir ton petit Jusqu’au lever du jour. Berce-le sans répit Un jour, il fera jour. Il fera jour ! Tu parles ! C’est ce qu’on dit, Takfarinas ! Ce lever du jour, Nous l’attendons depuis si longtemps ! Nous dormons d’un sommeil profond Et attendons Celui qui, peut être un jour Viendra lever pour nous Le jour. Jamais, au grand jamais Nous ne perdrons espoir En notre lever du jour. Tels des geais, nous crierons. Nous crierons si fort Que nous nous égosillerons. Mais à notre appel Répondront les balles. Qu’importe ! Nous continuerons d’espérer Même si les jours deviennent des années. Même si les siècles se suivent indéfiniment Nous attendrons. Qui sait jusqu’à quand ? Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui nous manquent. Nous pourrions nous en sortir… Mais à quoi servent les moyens Pour qui ne sait s’en servir ? Je m’adresse à vous, hommes de valeur : Ne restons pas les bras croisés ! Mettons nous au labeur ! Il faut se lever pour voir, Courir pour avoir Sinon, on a rien. Il faut me croire. Rien pour rien ! Je jure et jamais ne parjurerai, Que ceux qui ne font rien N’auront rien ! Qu’ils bougent ! Qu’ils travaillent ! Si je parjurais, J’aurais menti. Or, toute vie bâtie sur le mensonge S’écroule quand la vérité éclate. Ce n’est ni ta faute, ni la mienne. Le destin l’a ainsi voulu. Et pour tous ceux que la vie malmène, C’est le sort qui en a décidé. Refrain - Mais bien sûr que non, Mon pauvre Takfarinas ! Voyons, tu n’as rien compris ! Il y a des domaines où nous nous en sortons ! Nous bougeons et faisons des progrès : Notre pays est civilisé, Notre peuple modernisé… Oh lala ! Si tu voyais la Kabylie, Depuis que règnent le calme et la sécurité : Les cabarets poussent comme de la mauvaise herbe. Et l’homme libre dont tu te glorifies, Confondant débauche et liberté, Y entraîne les jeunes filles de bonne famille, Eblouies par la modernité. - Sans blague ! C’est vrai ? - Et comment ! Bien sûr que c’est vrai ! Je jure, Au nom de ceux qui nous caressent dans le sens du poil, Que les investissements dont on nous parle Ne sont pas destinés au développement de notre pays. Au contraire, Ces investissements servent à la culture de la nullité et de notre ignorance. On investit dans les bars, Et ça marche, mon gaillard ! On se noie dans l’alcool du matin au soir, Pour ne pas réfléchir, ni même émerger… Ca marche tant et si bien, Qu’un nouveau projet a vu le jour. Il paraît que le barrage de Wad Aisi Subira des travaux Pour nous abreuver de bière ! Ainsi, l’ivresse sera assurée Jour et nuit Et tous nos problèmes résolus… Sûrement ! Tous résolus ! Entre frères, règne la méfiance. Tous se regardent en chiens de faïence, Et l’on promet au pauvre démuni L’espoir d’un lendemain qui luît. Le ventre crie famine Et jure de se révolter. Mais sitôt rassasié, Il en oublie jusqu’à l’ennemi… De nos problèmes, On n’en peut plus ! Surtout ceux qui entravent Tamazight. Tamazight que nous chérissons tant ! Ah ! Si tu pouvais aller t’en rendre compte sur place Tu verrais à quel point nous sommes organisés. Le peuple entier s’est mobilisé Les nantis, par l’argent Les savants, par leur savoir… Quant aux plus démunis Eux, donnent leurs bras. Les parents ne cessent de conseiller leurs enfants : - Enfants chéris, Ne vous lassez pas d’apprendre Cherchez le savoir Dussiez-vous pour cela aller en Chine ! Dieu même vous y encourage. Mais… Attention ! Où que vous alliez, N’oubliez pas vote langue : Tamazight Car c’est elle votre essence, votre raison d’être… Notre désir d’apprendre Tamazight est telle Que 3000 écoles ont été bâties. Les classes y sont tellement bondées Qu’on n’y trouve même plus où poser pied… - Tu vois ? Vois comme le peuple bouge, Regarde ! S’il ne peut arracher Tamazight Il aura tout au moins arraché la liberté…