Fihel asirem

Chanson · piste 2

Fihel asirem

par Djurdjura · album groupe de femmes algériennes (1982)

Paroles de Fihel asirem

Français

Il faut agir Au rythme lancinant des krakabs et des t'bels répond cette voix obsédante qui interroge la destinée, évoquant un climat de lutte perpétuelle entre la Fatalité et l'Action. Tu te réveilles un matin Tu t'aperçois que tu as un jour de pauvreté De plus que la veille, et que tout s'embrouille De quelque côté tu te tournes. Il manque dix-neuf pour faire vingt Et tu écumes de rage. Mais quelle est la meilleure voie ? Réveille-toi, secoue-toi ! Plutôt deux fois qu'une Jusqu'à ce que les ennuis prennent fin. Toi qui roule le couscous Tu ne dois ni dormir, ni te croiser les bras Et le jour où tu seras démunie L'eau remplacera la sauce. Active, cours par-ci et par-là Resserre la ceinture d'un cran Essaie de faire tes comptes Quand tu n'auras plus un sou Ta face touchera le sol. Semblable au corbeau à travers les ravins Qui a laissé ses petits en proie à l'inquiétude, Tu ne fais que gémir et te lamenter Sans parvenir à trouver quelque nourriture. Tu ne supportes pas l'hiver Il est vrai que le froid peut tuer N'ayant pas la moindre planche de salut Tu n'as le droit qu'aux larmes Tu tournes et retournes Le problème dans tous les sens En long et en large Il n'y a pas de solution La fin est déjà dans l'embrasure de la porte Et tes larmes n'y peuvent rien. Vous aurez beau vous tracasser Les faits sont là et ils sont têtus. Vous n'aurez pas trouvé et vous ne trouverez pas, Le pauvre sera toujours lésé. Car les nantis ont pris le butin Dés le matin, ils ont fait leur partage Et tu ne peux en espérer une miette. Pauvre opprimé endormi ! Tes misères vont être plus rudes Ta cruche est désespérément vide. Tu ne peux te tromper N'attends rien d'un miracle « Agis, et fais parler ton bâton ! » Tu te réveilles un matin et tu t'aperçois Que tu as un jour de pauvreté De plus que la veille, et que tout s'embrouille De quelque côté tu te tournes. Il manque dix-neuf pour faire vingt Et tu écumes de rage. Mais je viens de te le dire « Agis et fais parler ton bâton ! »